Comment bien assurer vos objets de valeur

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Au-delà d'un certain montant, la souscription d'un contrat dédié s'impose. Privilégiez la "valeur agréée" qui facilite l'indemnisation et autorise des primes moins élevées…
Par Carole Molé Genlis
Publié le 08/01/2024 à 11h07

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(© Adobestock)

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Sans pour autant être de grands collectionneurs fortunés, de nombreuses familles françaises détiennent, chez elles, des objets de valeur tels que des montres, des bijoux ou des tableaux, parfois reçus lors d’un héritage, et dont l’estimation peut dépasser des milliers d’euros. Or, souvent, ces précieux trésors ne sont pas évalués à leur juste prix, et s’avèrent généralement très mal assurés contre le vol ou d’autres sinistres comme un incendie, une inondation ou une casse accidentelle.

Chaque contrat est différent

Dans le cadre d’une assurance habitation, il est fréquent de confondre le «capital mobilier» couvrant les biens usuels sans valeur particulière et le «capital d’objets de valeur». Une confusion qui peut avoir de lourdes conséquences en cas de sinistre. Les deux catégories relèvent, en effet, de plafonds d’indemnisation bien distincts. Ainsi, pour assurer votre Submariner vintage de chez Rolex ou la toile d’un artiste renommé acquise aux enchères, vous devez déclarer un capital d’objets de valeur à part, lors de la souscription de votre contrat multirisque habitation (MRH). «Faute de quoi, le jour où il se produira un sinistre, vous ne serez pas indemnisé», avertit simplement Jérôme Robin, président du réseau de courtage Nous­Assurons. Les preuves d’achat que vous pourrez produire ne serviront à rien, puisque vous n’êtes pas couvert pour les pièces rares et onéreuses. Mais à partir de quel montant une œuvre d’art ou un bijou sont-ils considérés comme des objets de valeur ? Il n’y a pas de règle, ce seuil variant beaucoup d’un assureur à l’autre. Cela peut être un tarif fixe, égal à 400 ou à 2.000 euros, ou encore un multiple de l’indice Fédération française du bâtiment (FFB), révisé tous les trimestres. Cer­taines compagnies imposent des sommes spécifiques en ce qui concerne les collections ou les bijoux précieux.
Quelques chiffres

211.400 cambriolages ou tentatives ont été recensés en France (2022). Source : Insee.

75% des sinistres touchant les objets d’art sont des dommages liés à la casse accidentelle. Source : Hiscox France.

70% des collections d’art en France ne seraient pas assurées ou seraient sous-assurées. Source : Generali Arte.

Les pièces en or ne sont pas couvertes

«La notion d’objet de valeur recouvre, d’un côté, les objets d’art et de collection, et, de l’autre, les objets précieux comme les bijoux et les montres», explique Julie Hugues, responsable art et clientèle privée chez Hiscox Assurances France. Le plus souvent, les sociétés disposent de leur propre liste, mentionnée dans leurs conditions générales. Dans la plupart des contrats, en sont exclus : vêtements, meubles, objets de décoration et matériel électronique ou électroménager, même haut de gamme, qui sont, eux, assurés dans la limite du capital mobilier que vous avez déclaré. Sachez également que les espèces, voire les lingots ou les pièces de monnaies en or, et les pierres précieuses non montées en bijou ne sont, le plus souvent, pas couverts, même s’ils sont conservés dans un coffre-fort. Outre les bijoux de luxe et les montres de grande marque, les objets de valeur incluent généralement les œuvres ­d’artistes cotés (tableaux, sculptures, etc.), les livres rares, les tapis anciens, les pièces d’orfèvrerie, mais aussi les fourrures, les sacs de luxe ou les meubles de designers. Il peut également s’agir d’un flipper rare ou d’une collection qui valent très cher (timbres, figurines, cartes Pokémon, etc.). Une liste qui est loin d’être exhaustive.

La spécificité des collections

Une mauvaise déclaration peut entraîner des complications en cas de dommages, souligne le médiateur de l’assurance, Arnaud Chneiweiss. Dans une récente affaire, un collectionneur d’ouvrages anciens, victime d’un cambriolage à son domicile, a été indemnisé pour le mobilier dérobé, mais non pour le vol de ses trois collections de livres exceptionnels. Bien que le prix unitaire de chaque ouvrage ne dépassait pas le seuil des 2.960 euros, au-delà duquel l’assureur considérait un élément comme précieux, l’estimation totale de chaque collection allait bien au-delà de ce plafond. Ledit collectionneur, qui n’a­vait déclaré aucun objet de valeur, n’a donc pas pu être indemnisé. «Les assurés doivent vérifier régulièrement si les montants garantis par leur contrat pour le mobilier et les objets de valeur correspondent toujours à leur besoin de couverture», conseille Arnaud Chneiweiss. Selon la catégorie des biens, vous n’êtes pas exposé aux mêmes risques. «Contrairement à une idée reçue, pour les objets d’art, l’incident le plus fréquent n’est pas le vol, mais le bris accidentel, tel qu’un tableau qui se décroche du mur ou un vase ancien renversé par le chat. Cela constitue les trois quarts des sinistres», précise Julie Hugues. Il n’empêche qu’un dégât des eaux ou un départ de feu sont souvent fatals pour un tableau ou une collection de timbres. En revanche, les bijoux, les montres et les sacs de grandes marques sont, de loin, beaucoup plus exposés au vol.

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L'intérêt du coffre-fort

À partir d’un certain montant de capital dédié aux objets de valeur, certains assureurs exigent le recours à un coffre-fort en cas d’absence prolongée de votre habitation.

Vous pouvez opter pour un coffre à la banque. L’avantage : son tarif attractif, à partir d’une centaine d’euros par an pour la location d’un compartiment sécurisé dans la salle des coffres d’une agence bancaire avec un montant assuré de 30.000 euros. Le cas échéant, cela évite la déclaration à votre assureur d’un capital d’objets de valeur et le paiement d’un surcoût.

Un coffre-fort à domicile permet de conserver vos trésors à portée de main, mais il doit être homologué pour que son contenu soit assurable. Selon sa résistance à l’effraction et son montant assurable, comptez de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros (sans la pose). Vous pouvez l’encastrer dans un mur derrière un tableau, dans le sol sous un tapis, le fixer dans un placard loin des regards indiscrets, ou l’installer dans une pièce protégée par un dispositif d’alarme certifié.

Outre son effet dissuasif contre les voleurs, cet équipement présente une autre qualité : il protège vos objets de valeur du feu (ils sont ignifugés), voire des dégâts liés à l’eau.

Multirisque habitation ou contrat dédié ?

Vous devez donc vérifier si votre police d’assurance est bien adaptée aux risques que vous souhaitez couvrir. Un contrat multirisque habitation standard qui comprend le vol, l’inondation ou l’incendie à domicile peut suffire, à condition d’avoir déclaré le capital d’objets de valeur adéquat. Cela vous coûtera seulement une surprime de quelques euros ou dizaines d’euros. En revanche, le prix de la franchise est généralement élevé, le plafond d’indemnisation limité et les exclusions de garantie nombreuses, lorsqu’il s’agit entre autres d’un vol de bijoux subi en dehors du domicile, comme lors d’un voyage, ou dans la résidence secondaire. À moins d’une coûteuse option supplémentaire… Si vous êtes propriétaire de pièces rares, il est vivement conseillé de vous tourner vers des contrats dédiés, qui disposent d’une couverture bien plus étendue que celle de votre multirisque habitation. Ces contrats assurent les œuvres d’art dans le monde entier, y compris lors de leur transport, mais aussi contre la casse accidentelle. Certaines polices proposent même une garantie dite «de dépréciation», dans le cadre d’une œuvre restaurée ayant perdu de sa valeur. Elles sont généralement sans franchise et fournissent un accompagnement de qualité avec parfois une expertise gratuite. Une poignée de compagnies comme Axa Art, Arte Generali, Helvetia, Hiscox France ou Liberty sont présentes sur ce marché. Il faut certes débourser plus que l’option choisie dans le cadre de votre multirisque habitation, mais le prix reste raisonnable en comparaison des garanties proposées et des risques couverts. Ainsi, les primes annuelles sont accessibles dès 250 euros pour 25.000 euros de montant assuré chez Hiscox, et dès 500 euros pour 200.000 euros couverts chez Axa Art. Le tarif est in­dividualisé selon l’objet et le risque couverts. Certains contrats proposent d’assurer un capital de plusieurs millions d’euros.

Valeur déclarée ou valeur agréée ?

La manière dont vous serez indemnisé si vous veniez à subir un sinistre dépend du mode d’évaluation retenu lors de la souscription du contrat : la valeur déclarée ou la valeur agréée. La première, la plus répandue, consiste en une simple déclaration de la valeur totale des biens. Vous n’avez pas d’expertise à réaliser, mais vous devez faire l’inventaire de tous les objets de valeur que vous possédez pour avoir une idée du montant global et vérifier si le plafond d’indemnisation proposé par votre assureur est suffisant. Le cas échéant, vous pouvez demander à le relever. Une solution plutôt simple mais, en cas de sinistre, vous devrez justifier l’existence, l’authenticité et la valeur des biens volés. D’où l’importance de conserver dans un endroit sûr, éventuellement sous forme dématérialisée, les factures d’achat, les photos, les certificats d’authenticité, les actes notariés ou les expertises que vous possédez. Si vous avez perdu ces documents, l’indemnisation pourrait alors être compromise. La seconde, plus rare, facilite l’indemnisation. Elle permet de convenir, d’un commun accord entre l’assuré et la compagnie d’assurances, de la valeur de chaque objet. Avantage de taille : parfois, la prime annuelle est moins onéreuse que celle d’un contrat en valeur déclarée. Plus les montants à assurer sont importants, plus la prime est élevée et plus la valeur agréée devient intéressante. Il faut toutefois présenter des factures ou des expertises à l’appui. En présence d’œuvres d’art de grande valeur, l’assureur peut effectuer une «visite de sinistre» pour vérifier les mesures de protection mises en place (alarme, porte blindée, coffre-fort, etc.) et prodiguer des conseils. En cas d’incident, l’indemnisation se montre plus facile, car il n’y a pas de contestation sur l’estimation des biens. Dans les deux cas, actualisez régulièrement l’évaluation de vos biens au regard de l’évolution des prix sur le marché. Et bien sûr, lors de leur achat ou de leur vente, contactez votre assureur pour ajuster le plafond du capital garanti.

Le cas particulier des objets nomades

Enfin, ne négligez pas l’assurance d’objets de valeur particuliers, tels les grands crus ou les instruments de musique. Pour les grands crus, c’est à vous d’évaluer votre risque en fonction de la richesse de votre cave et de son emplacement.

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Trois questions à vous poser pour vos grands crus

Votre cave à vin est-elle rattachée à votre habitation ?

Les bouteilles stockées dans une pièce directement reliée à votre domicile sont assurées dans la limite du capital mobilier déclaré, avec parfois une garantie plafonnée, par exemple à 2.000 euros pour l’ensemble de la cave. Si votre cave se trouve au sous-sol de votre immeuble ou dans une remise du jardin, vous devez souscrire une extension dépendance.

Possédez-vous de grands crus de valeur ?

Si vous détenez des bouteilles issues de domaines prestigieux ou un nombre important de grands crus, il est recommandé d’ajuster le plafond de garantie proposé par l’assureur habitation, voire de souscrire un contrat spécifique. Pour estimer leur valeur, le recours à une expertise peut se révéler nécessaire.

À quels risques vos bouteilles sont le plus exposées ?

Le risque le plus courant est le vol, avec 64 % des sinistres, selon l’assureur Hiscox. La casse accidentelle vient en deuxième position (15 % des sinistres), suivie du dégât des eaux (14 %), puis de l’incendie.
Dans le cas des instruments de musique, certaines multirisques habitation proposent des options, mais là encore, il existe des assurances dédiées. Gesco­pim, filiale de NousAssurons, a lancé une couverture pour les instruments dès 30 euros par an pour 1.500 euros assurés. Selon Jérôme Robin, président de NousAssurons : «L’avantage d’un produit dédié, c’est que vous êtes assuré pour toutes causes, y compris la casse et l’humidité, et en tous lieux.» Des garanties bienvenues pour ces objets qui méritent une protection à la hauteur de leur valeur, que celle-ci soit sentimentale ou marchande. fun88k 8xbet gg mu88 bet fun88 chính thức w88no1